Ne pas tout contrôler ne signifie pas avoir perdu son pouvoir d'agir. C’est certain qu’il y a quelque chose de rassurant dans l'idée d'avoir le contrôle.
Savoir où l'on va, prévoir les obstacles, anticiper les réactions, prendre les bonnes décisions et obtenir les résultats espérés, c’est quand même grisant, mais la réalité nous rappelle régulièrement que nous ne sommes pas seuls aux commandes.
Un client change d'idée, un collaborateur nous déçoit, le marché prend une direction inattendue ou un projet ne donne pas les résultats souhaités. Devant ces situations, et elles sont nombreuses, nous avons parfois deux réflexes : ou bien nous nous épuisons à vouloir tout contrôler ou nous concluons que nous ne pouvons rien y changer.
Et si nous passions à côté d'une troisième possibilité?
Le contrôle rassure, le pouvoir d’agir fait avancer
Contrôler, c'est vouloir déterminer le résultat. Par contre, exercer son pouvoir d'agir, c'est reconnaître les choix et les gestes qui restent possibles, même lorsque le résultat nous échappe.
Prenons l'exemple d'une personne “entrepreneur” qui souhaite que son équipe devienne plus autonome. Elle va multiplier les consignes, surveiller les décisions, corriger les erreurs et finir par croire qu'elle doit tout porter sur ses épaules, et à force de vouloir tout maîtriser, elle risque d'entretenir précisément ce qu'elle souhaitait changer.
Son véritable pouvoir se trouvait peut-être ailleurs? Dans sa capacité à clarifier ses attentes, à laisser davantage de place aux initiatives et à accepter que les autres ne fassent pas toujours les choses exactement comme elle. Elle ne contrôle pas leurs réactions, mais elle peut modifier sa propre façon d'intervenir.
Le pouvoir d'agir ne garantit pas le résultat. Il nous permet d'avancer malgré l'incertitude. Parfois, il consiste tout simplement à poser une limite ou peut-être à changer de stratégie.
Est ce que ton impuissance pourrait être une habitude?
Voilà une question moins confortable. Parce qu'il arrive que nous nous habituions à certaines situations.
Nous répétons que les clients sont difficiles ou que les collaborateurs manquent de professionnalisme, et parfois c'est vrai, mais à force de raconter la même histoire, nous risquons de ne plus chercher ce qui pourrait être différent. Sans nous en rendre compte, nous avons peut-être confié à l'extérieur le pouvoir de déclencher notre prochain mouvement.
Alors, je te propose une réflexion.
Pense à une situation qui te préoccupe depuis un certain temps. Oublie un instant ce que les autres devraient faire et demande-toi :
« Qu'est-ce que je continue de faire, ou de ne pas faire, qui contribue peut-être à maintenir cette situation? »
La réponse ne sera pas nécessairement agréable, mais elle pourrait révéler une marge de manœuvre que tu n'avais pas envisagée. Cela ne signifie pas que tout dépend de toi, cela signifie simplement que tout ne t'échappe pas. Et parfois, exercer son pouvoir d'agir consiste aussi à reconnaître qu'une situation ne changera pas et à décider de la place que nous voulons encore lui accorder.
Pour cette dernière infolettre de l'année, ne te demande pas combien d'objectifs tu as atteints. Poses-toi plutôt une question :
« Dans quelle situation est-ce que j’attends encore que les choses changent, alors que je pourrais déjà exercer mon pouvoir d'agir? »
Tu n'as peut-être pas les commandes de tout ce qui t'arrive.
Mais tu as encore ton mot à dire sur ce que tu décides d'en faire.